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Michel DORIGNY Saint-Quentin,1617 - Paris, 1665Erato, muse de la Poésie lyriqueHuile sur panneau de chêne, parquetéErato, muse of lyrical poetry, oil on oak panel, by M. Dorigny81 x 100 cm (31,89 x 39,37 in.)Provenance : Probablement collection du chancelier Pierre Séguier (1588-1672), hôtel Séguier, Paris ;Panneaux démontés dès avant 1752 ; Collection Hypolite de Livry (1771–1822) ; Sa vente, Paris, 16-17 mars 1818, n° 94 (comme Simon Vouet) ; Vente anonyme ; New York, Sotheby's, 19 mai 1995, n° 97 (comme Simon Vouet et atelier) ;Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Tajan, 25 juin 1996, n° 42 ;Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Tajan, 30 juin 2000, n° 46 ;Vente anonyme ; Londres, Christie’s, 9 décembre 2009, n° 183Bibliographie : Arnauld Brejon de Lavergnée, " Une série de Muses de l'atelier de Simon Vouet ", in Z. Dobos (dir.), 'Ex Fumo Lucem: Baroque Studies in Honour of Klára Garas Presented on Her Eighteenth Birthday', Budapest, Museum of Fine Arts, 1999, t. I, p. 168, fig. 8 (comme atelier de Simon Vouet, Terpsichore)Damien Tellas, "L’Apollon et les Muses de Michel Dorigny", in 'Bulletin du musée hongrois des Beaux-Arts', 2019, p. 125Commentaire : La magnificence des décors de Versailles et le raffinement des appartements ornés de peintures et de stucs dorés sous Louis XV pourraient nous faire oublier la beauté et la poésie du décor intérieur en France dans les premières décennies du XVIIe siècle. Au sein des demeures, des châteaux et des hôtels particuliers, plafonds et poutres étaient peints, parfois agrémentés de caissons, et les lambris aux murs également ornés de motifs et de paysages sur différents registres, et accueillant également des tableaux selon un programme iconographique étudié avec soin, souvent en lien avec la fonction de la pièce décorée.Parmi les thèmes affectionnés sous le règne de Louis XIII et la régence d'Anne d'Autriche, celui des Muses et du Parnasse connaît une réelle vogue. Nous pouvons citer par exemple la série peinte par Baglione offerte à Marie de Médicis en 1624 par le duc de Mantoue et installée dans un Cabinet des Muses au palais du Luxembourg (Arras, musée des Beaux-Arts), le Parnasse du plafond de la chambre de la maréchale de La Meilleraye à l'Arsenal ou encore la célèbre Chambre des Muses de l'hôtel Lambert dont le décor fut commandé à Eustache Le Sueur dans les 1650 (tableaux aujourd'hui à Paris, au musée du Louvre). C'est dans cette tradition que s'inscrit le tableau que nous présentons, représentant la muse de la poésie lyrique Erato, exécuté par Michel Dorigny, collaborateur de l'artiste alors tenu en haute estime dans toute la capitale et Premier peintre du roi Simon Vouet, dont il était également le gendre. Peinte sur un panneau de chêne, elle vient rejoindre 8 autres muses réalisées sur le même support de hauteur similaire et présentant une réelle harmonie dans les représentations mettant en scène ces déesses des arts entourées de putti tenant leurs attributs dans des paysages ou devant des architectures. L'ensemble est aujourd'hui dispersé mais ont pu être identifiées : Clio (Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle), 'Uranie et Calliope' (Washington, National Gallery of Art, fig. 1), 'Euterpe' (localisation actuelle inconnue1), 'Polymnie' (Paris, musée du Louvre, fig. 2), 'Terpsichore' (La Nouvelle Orléans, National Gallery of Art), 'Thalie' (localisation actuelle inconnue2) et 'Melpomène' (connue par une copie ancienne3). A cette série s'ajoute peut-être le Parnasse conservé au musée des Beaux-Arts de Budapest, également sur chêne et de même hauteur.Probablement exécutées au cours de la décennie 1640, les Muses de Michel Dorigny proviennent à n'en pas douter d'un décor où elles étaient certainement présentées dans un lambris. Collaborateur important de l'atelier de Vouet, atelier alors le plus en vue à Paris, Dorigny se vit sans doute confier par le maître cette commande, qui pourrait correspondre à celle d'appartements " consacrez aux muses " décrits par Germain Brice4 au sein de l'hôtel du chancelier Pierre Séguier, l'un des principaux mécènes de Simon Vouet à qui il confia la décoration de son intérieur. L'existence de dessins préparatoires pour le 'Parnasse' du musée de Budapest aujourd'hui reconnus comme de la main de Michel Dorigny5 attestent qu'il est bien l'inventeur de ces compositions, et non le simple interprète d'un projet entièrement conçu par Vouet, signifiant ainsi la grande estime et confiance que lui portait son beau-père. 1. Vente anonyme ; New York, Sotheby's, 30 janvier 2014, n° 113.2. Publiée par S. Loire en 1991, voir D. Tellas, 'op. cit.', p. 134, note 26.3. Vente anonyme ; Monaco, Sotheby's, 6 décembre 1987, n° 318, avec une copie de Polymnie, voir 'ibid.', p. 135, note 28.4. G. Brice, 'Description nouvelle de ce qu'il y a de plus

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