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Ecole espagnole de la seconde moitié du XVIe siècle La Vierge et Saint Jean du CalvairePaire de panneaux de résineux sculptés en bas-relief, à fond peint, et vêtements polychromés à décor " a estofado "139 x 66 cm (54,72 x 25,98 in.) et 141 x 63 cm (55,51 x 24,80 in.)(Manques, accidents et restaurations)The Virgin and Saint John of the Calvary, polychrome wood relief, a pair, Spanish School, 2nd half of the 16th C.Commentaire : Ces deux magnifiques panneaux peints et sculptés en bas-relief appartenaient à l'une des scènes les plus iconiques de l'art chrétien : la Crucifixion. La Vierge et saint Jean se tiennent, mus par une douleur toute intériorisée, au pied de la Croix. Elle a été réalisée à une période charnière de l'art de la péninsule ibérique, période au cours de laquelle les artistes sont encore attachés aux compositions tardo-gothiques tout en s'imprégnant des éléments et motifs de la Renaissance rapportés d'Italie et diffusés par une première génération d'artistes espagnols dans la première moitié du XVIe siècle.La Crucifixion à trois personnages, composition glorieuse de la période médiévale, continue effectivement d'orner la partie sommitale des immenses retables espagnols tout au long du XVIe siècle et au-delà. Ici (particularité de cette école comme on peut le voir sur le retable du Calvaire de l'église du Couvent de la Magdelena à Medinal del Campo, réalisé en 1571 par Esteban Jordan), le fond est entièrement peint, représentant le mont Golgotha au crépuscule. Se fondant au décor, grâce à la polychromie d'une extrême richesse de leurs vêtements, se tiennent les figures si expressives de la Vierge de douleur aux mains jointes et de saint Jean. Celui-ci tient de sa main droite le livre de son Évangile. Il est le seul à témoigner de cet instant où le Christ les donne l'un à l'autre comme Mère et Fils. La position de profil de saint Jean, le traitement et le volume enveloppant des vêtements, le détail délicat de l'anatomie des protagonistes, notamment leurs mains, traduisent l'assimilation et la transition vers un style purement espagnol de la Renaissance. La première génération d'artistes espagnols formés en Italie au tout début du XVIe siècle, regroupant Bartolomé Ordóñez (env.1490-1520) , Alonso Berruguete (1460-1561), Felipe Vigarny (1475-1542) - pour ne citer que les plus connus -, contribue au succès des idées et formes sculpturales de la Renaissance italienne dans le royaume des Habsbourg d'Espagne. Leurs successeurs, présidés surtout par l'école de Valladolid, donnent au nouveau style un caractère purement espagnol que l'on retrouve ici. Il se traduit par l'assimilation de la leçon classique et l'expressivité de la sculpture castillane, soutenue par une polychromie faisant partie intégrante de l'œuvre et exacerbant la théâtralité de la scène. Notre œuvre peut être rapprochée de la production de l'artiste Juan de Anchieta (1533-1588) formé à Valladolid et fortement influencé par le maniérisme romain, par Michel-Ange, et les modèles établis par Alonso Berruguete et Juan de Juni. On pense notamment à la 'Vierge et au saint Jean du Calvaire' du retable majeur de Simancas. On lui connait également un goût particulier pour les figures présentées de profil, comme notre saint Jean. Le traitement du drapé enveloppant Jean est similaire à celui de son 'Moïse' de l'église San Michel à Vitoria. La moue contrite si particulière de notre Vierge rappelle l'expression de la 'Vierge aux candélabres' de l'église paroissiale de Santiago à Valladolid. Enfin, la richesse de la polychromie et les motifs à 'estofados' assez synthétiques sont semblables à ceux du manteau de saint Dominique de Guzmàn situé sur le retable de la chapelle de los Alderete à San Antolin de Tordesillas.

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